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LE
MARAIS DE LA VANNE
 | Préambule : |
Le marais de la Vanne est une des dernières tourbières
plates alcalines, la plus vaste et la plus riche de Champagne-Ardenne. De vastes
marais tourbeux s'étendaient au siècle dernier sur l'ensemble de la vallée de
la Vanne, des peupleraies, des pâtures intensifiées, puis des champs cultivés
et des gravières les ont peu à peu remplacés.
Le marais de Villemaur occupe la première place parmi les tourbières plates alcalines1 de l'Aube pour un ensemble floristique de grand
intérêt comprenant plusieurs espèces protégées et pour un ensemble
faunistique important notamment en ce qui concerne les oiseaux avec diverses
espèces nicheuses, protégées ou en danger, et les mammifères.
Le marais de la Vanne subsiste essentiellement sur la rive
gauche de la Vanne en amont du village. Le site appartenant à la commune,
inscrit à l'inventaire des zones naturelles d'intérêt écologique,
floristique et faunistique (ZNIEFF), il a de plus été proposé en tant que
site Natura 2000.
Le réseau Natura 2000 a pour objectif de contribuer à
préserver la diversité biologique sur le territoire de l'Union européenne. Il
assure le maintien ou le rétablissement dans un état de conservation favorable
des habitats naturels et des habitats d'espèces de la flore et de la faune
sauvage d'intérêt communautaire. Il est composé de sites désignés
spécialement par chacun des Etats membres en application des directives
européennes dites "Oiseaux" et "Habitats" de 1979 et 1992.
 | Situation :
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Intérêt
écologjque du marais :
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Les Marais de la
Vanne constituent un type de milieu très raréfié. Ce caractère de rareté
s’applique aux différents habitats, groupements végétaux, espèces animales
et végétales de tels milieux.
Ainsi, le Marais
de Villemaur présente 3 types d’habitats d’intérêt communautaire dont 1
prioritaire (la végétation de la renoncule flottante de la rivière, la mégaphorbiaie2
eutrophe et la cariçaie3) ; dix-huit espèces végétales
remarquables dont 3 protégées au niveau régional (la laîche paradoxale, le
saule rampant et la gesse des marais) et plusieurs espèces d’oiseaux, de
reptiles et d’amphibiens également rares et/ou menacés.
Il est difficile
d’évoquer l’intérêt faunistique du marais sans parler de la présence de
la « Fameuse Loutre », bien que la Vanne constitue certainement un
biotope favorable pour celle-ci. Les dernières preuves de sa présence
remonteraient à 1978.
Le Marais de
Villemaur revêt aussi un rôle essentiel dans le fonctionnement et l’équilibre
biologique des milieux qui lui sont adjacents.
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Comme tout marais, il concentre l’eau en période humide et la restitue
progressivement en période sèche.
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Le marais dépend fortement de la nature et de la qualité des écosystèmes en
particulier pour la qualité de l’eau.
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Pour la faune alentour, il constitue une zone d’alimentation et de refuge.
Comme tout écosystème,
le Marais de Villemaur fonctionne comme un vaste réseau mettant en relation les
différentes unités qui le composent, relations d’autant plus étroites
qu’il s’agit d’une entité naturelle très spécifique et restreinte géographiquement.
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Evolution
historique des millieux naturels :
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De tout temps,
les populations ont entretenu des relations étroites avec les marais de la
Vanne. Elles en extrayaient de nombreux produits : les roseaux étaient
fauchés régulièrement pour faire de la litière pour le bétail ; la
tourbe était utilisée comme amendement organique et comme combustible ;
les graviers alluviaux servaient à la construction. Le marais fournissait également
du bois, des pâturages, du gibier, des poissons, des escargots etc…, et
permettait aux habitants de faire rouir le chanvre dans les routoirs situés
entre Villemaur et Les Bordes.
Cependant,
le marais a toujours été considéré comme source d’insalubrité. Aussi,
dans une histoire manuscrite de Villemaur datant de 1636, il est fait état de
la volonté d’assèchement du marais. Plusieurs projets de dessèchement de la
Vanne ont vu le jour depuis, mais devant l’ampleur des travaux, aucun n’a été
réalisé dans son entier. Tout au plus, quelques fossés de drainage ont été
creusés pour permettre une exploitation agricole du marais (prairies de fauche,
pâturages).
Plus récemment,
la conjonction de plusieurs phénomènes, d’une part les aménagements et
travaux hydrauliques effectués sur la rivière, d’autre part une suite
d’années sèches ayant eu pour effet un abaissement très important de la
nappe phréatique, a entraîné une nouvelle modification de la végétation. De
plus, l’incendie du marais pratiqué régulièrement à la fin de l’hiver,
ne suffit pas pour limiter l’extension des ligneux et a provoqué par endroits
des changements de qualité du sol par apport important de matière organique.
On
constate donc actuellement le dépérissement de groupements de végétaux ayant
besoin de fortes quantités d’eau, l’extension de la saulaie et le développement
sur les marges du marais de végétaux nitratophiles (orties et gaillets) en
liaison avec le dessèchement des couches supérieures de la tourbe.
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Gestion et aménagement
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Depuis longtemps,
les instances environnementales se sont intéressées au Marais de Villemaur en
signalant l’intérêt exceptionnel du site et en voulant assurer son
classement en zone protégée. Mais, devant l’ambiguïté de certains textes
et la crainte de mesures restrictives, les acteurs locaux se montrèrent réticents
à un tel projet.
En 1991,
le Préfet de l’Aube prend un arrêté de protection de biotope et en 1993, le
Conservatoire du Patrimoine Naturel de Champagne-Ardenne propose ses services
pour la sauvegarde du marais à la commune de Villemaur qui refuse.
Ce n’est qu’en 1996, sous la présidence
de Monsieur CAILLAT, Maire et de son Conseil Municipal, que la commune signe un
bail emphytéotique d’une durée de 18 ans avec le Conservatoire du patrimoine
naturel de Champagne-Ardenne, maintenant par la même quelques usages
traditionnels tels que la pêche, la chasse et le ramassage des escargots, ces
activités ne constituant pas de réelles contraintes ou perturbations pour la
conservation de la qualité du site.
Dès
lors s’instaure un plan de gestion ayant pour objectifs :
§
le maintien et la restauration de la qualité
biologique du site puis de son amélioration,
§
l’accueil du public et la promotion de la préservation et de la gestion
conservatoire du site,
§
l’acquisition d’une meilleure connaissance du milieu, de son fonctionnement
et de ses potentialités.
A ce jour,
dans le cadre d’une première phase de restauration, 2 parcs ont été mis en
place afin de permettre de nouveau un pâturage bovin extensif du marais sur des
surfaces respectives de 4,6 ha et de 7,9 ha. Cette mise en place a nécessité
le débroussaillage de 2 hectares de saulaie dense. Ce mode de gestion a pour
but de favoriser :
-
la constitution d’un tapis végétal plus
diversifié,
-
la restriction de la strate arbustive et
l’arrêt d’une dynamique forestière,
-
la diversification des insectes,
-
l’amélioration de la valeur cynégétique.
Par ailleurs, afin
de suivre l’évolution de la nappe phréatique, 5 capteurs (piézomètres) ont
été posés dans le marais.
Ces
travaux ont été réalisés par l’entreprise de travaux forestiers PICARD et
le suivi par Mademoiselle Charlotte CRESPI du Conservatoire. Le financement est,
quant à lui, assuré par la Direction régionale de l’environnement (DIREN)
et par la Région Champagne-Ardenne.
1 - Tourbière
plate alcaline : étendue marécageuse dont le sol est constitué
exclusivement de matière organique végétale non totalement décomposée
(tourbe).
2 – Mégaphorbiaie :
formation végétale de hautes herbes (souvent à larges feuilles) se développant
sur les sols humides et riches.
3 – Cariçaie :
groupement végétal de milieu humide dominé par les laîches.
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